La chronique du jeudi #38

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Il y a des lieux que l’on croit connaître sans jamais les avoir vraiment vus.

Voilà près de quinze ans que je n’avais pas remis les pieds dans la Manche. Quinze ans. Et pourtant… Quelle redécouverte !

Entre Coutances et Barneville-Carteret, nous avons vadrouillé, respiré, roulé les vitres ouvertes. De l’air pur à pleins poumons, des paillettes plein les yeux, et cette sensation immédiate de liberté brute.

Et puis, au détour des dunes : les cabines de Gouville-sur-Mer.

Alignées face à la mer, plantées dans le sable comme un arc-en-ciel discret, elles semblent presque irréelles. Ici, pas de béton, pas de démesure. Juste des lignes simples, du bois, des couleurs franches, et l’horizon à perte de vue.

Ces cabines emblématiques font partie du paysage depuis le début du XXᵉ siècle. À l’époque, elles répondaient à un usage très concret : permettre aux familles venues prendre les bains de mer de se changer à l’abri des regards. Une pratique courante sur les côtes normandes, mais qui, à Gouville, a pris une tournure unique.

Construites en bois, posées directement sur le sable, elles ont traversé les décennies sans jamais perdre leur âme. Leur particularité ? Leurs toits colorés, peints à la main, qui forment aujourd’hui l’un des panoramas les plus photographiés de la Manche. Chaque cabine a sa teinte, sa personnalité, son petit supplément d’âme.

Cabines de Gouville-sur-Mer

Ce que j’ai aimé, surtout, c’est cette impression que le temps s’y est arrêté. Les cabines ne cherchent pas à séduire. Elles sont là, simplement. Témoins d’un tourisme d’un autre temps, plus lent, plus respectueux, plus ancré dans le paysage.

Alors oui, c’est un lieu qui attire. Oui, c’est devenu iconique. Mais c’est aussi pour ça que j’ai envie de le dire clairement : venez seulement si vous êtes dans le coin.

Parce que Gouville se mérite. Parce que la Manche se savoure sans précipitation. Et parce que ce genre de lieu garde toute sa magie quand on le découvre presque par hasard.

Ici, on marche dans le sable, on écoute le vent, on regarde la lumière changer sur les cabines et dans les dunes. On ne consomme pas le paysage, on le rencontre.

Et moi, ce jour-là, j’ai compris une chose :
Il m’a fallu quinze ans pour revenir dans la Manche… Mais elle, visiblement, m’attendait.


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