Le Retour d’Anaïs : quand Veules-les-Roses remonte le temps

Qui était Anaïs ?

Comédienne à la Comédie-Française au XIXe siècle, Anaïs Aubert découvre Veules-en-Caux en 1826. Tombée sous le charme du village, elle contribue à le faire connaître auprès des artistes, écrivains et intellectuels de son époque. Peu à peu, ce village cauchois devient un lieu de villégiature recherché, fréquenté par les grandes figures du mouvement romantique.

Deux siècles plus tard, c’est l’écrivain normand Michel Bussi qui impulse l’idée de lui rendre hommage. Habitants, bénévoles, passionnés d’histoire et acteurs du territoire se réunissent alors autour d’un même projet : faire revivre l’arrivée d’Anaïs et raconter cette page méconnue de l’histoire veulaise.

Et forcément, Les Carnets d’Anaïs se devaient d’être au rendez-vous.

Nous sommes arrivés en début d’après-midi. L’ambiance était déjà bien installée. Dans les rues, sur les places, devant les commerces, tout le monde semblait attendre quelque chose. Ou plutôt quelqu’un.

« Anaïs arrive bientôt ! »

Puis est venu le moment tant attendu. Rendez-vous aux cressonnières ! Costumes d’époque, calèche, musiciens, comédiens… Menée par la compagnie Les K Barrés, la reconstitution nous a plongés au cœur de l’époque romantique.

Pendant plusieurs heures, nous avons suivis Mademoiselle Anaïs, Mademoise Mars, Victor Hugo, Paul Meurice, Étienne Mélingue, ou encore Alexandre Dumas, à travers le village jusqu’au front de mer.

Entre deux représentations, on a découvert l’exposition sur Anaïs à la chapelle Michel, flâné parmi les artisans, découvert des savoir-faire d’autrefois, tenté quelques jeux anciens — avec plus ou moins de talent — et esquissé quelques pas de danse avec les Polletais près du vieux château. Le soleil pour compagnie et le sourire aux lèvres.

Le genre de moments simples qui font tout le charme de ce type d’événement. Parce qu’au-delà de l’histoire racontée, c’est tout un village qui avait décidé de faire la fête.

Le retour d'Anaïs © Anaïs Diodore

Parmi les moments les plus émouvants de la journée : la surprise de Polly Gifford, descendante directe d’Anaïs Aubert.

Retrouvée après plusieurs mois de recherches par l’association organisatrice, cette Anglaise venue de Hastings et qui ne parle habituellement pas français, a tenu à s’exprimer devant le public dans un français remarquable. Dans le Jardin des Impressionnistes, l’émotion était palpable.

« Veules a le plus petit fleuve de France. Et de ce plus petit fleuve coule cette belle énergie. »
— Michel Bussi

C’est exactement ce que nous avons ressenti. J’ai particulièrement aimé voir les habitants jouer le jeu. Certain.es vêtus de costumes d’époque, d’autres simplement venus partager ce moment ensemble. Cette générosité-là, on ne l’invente pas.

Pour clore cette journée comme elle le mérite, j’ai demandé à Aurèle Ricard, l’une des organisatrices de l’événement, de me donner son ressenti à chaud. Sa réponse résume parfaitement ce que Veules-les-Roses a offert ce jour-là :

« Une grande fête locale qui a suspendu le temps, rempli les cœurs de joie et offert un écrin soyeux au plaisir de partager un moment historique, culturel et ludique dans l’un des plus beaux villages de France. »

Difficile de trouver mieux. Et si vous avez manqué cette première édition, notez la date. Veules-les-Roses vient peut-être de créer son rendez-vous incontournable sur la Côte d’Albâtre.

Bravo à toutes et tous pour cette organisation aux petits oignons, cette diversité d’activités proposées et tout le travail que ça représente ! Vous pouvez être fiers ! Et merci Veules🌹


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